Le spatial et ses apports aux citoyens et à la société : une priorité capitale pour l’Europe

L’hémicycle du Parlement européen durant la conférence sur la Politique spatiale au service de la société et des citoyens
11 novembre 2011

Après le récent lancement des premiers satellites Galileo – un événement d’une importance politique considérable pour l’Europe – des politiques, des décideurs, des dirigeants d’agences spatiales, des industriels, des opérateurs de satellites et des représentants de la société civile se sont réunis au Parlement européen de Bruxelles les 8 et 9 novembre pour la 4e conférence sur la Politique spatiale de l’Union européenne.

La conférence, organisée par Business Bridge Europe et consacrée aux apports du spatial aux citoyens et à la société, a confirmé que le spatial figure en bonne place sur l’agenda politique de l’Europe en rassemblant des représentants des plus hautes autorités européennes.

Herman van Rompuy, président du Conseil européen, a confirmé l’importance de Galileo et de l’initiative GMES (Global Monitoring for Environment and Security) comme les deux programmes phare de l’UE.

M. van Rompuy a souligné combien l’approche selon deux axes répondait aux questions de gouvernance du secteur spatial en Europe. L’ESA et les agences spatiales nationales doivent assurer la responsabilité de la recherche, du développement et de la réalisation des programmes, en apportant les financements, en appliquant leurs règles et en s’appuyant sur l’industrie spatiale, tandis que l’exploitation en phase opérationnelle doit être mise en œuvre dans le cadre de l’UE. Ce modèle d’organisation permet de soutenir la croissance de l’industrie manufacturière spatiale – un secteur stratégique – et donne aux compagnies de tous les pays membres de l’UE et de l’ESA la possibilité de développer de nouveaux services et de nouvelles applications, ce qui génère de la valeur ajoutée pour la communauté.

M. van Rompuy a exprimé son engagement pour la protection et le renforcement des politiques d’avenir – parmi lesquelles le spatial figure en bonne place.

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a noté qu’avec le lancement des deux premiers satellites de navigation Galileo le 21 octobre, l’Europe a franchi une étape d’une importance critique pour la compétitivité de son industrie et pour l’indépendance européenne dans le domaine des technologies spatiales.

M. Barroso a confirmé le rôle essentiel joué par le spatial dans la stratégie européenne pour 2020 et rappelé que Galileo et GMES constituent les deux programmes phare de l’UE.

Il a également rappelé que 7,9 milliards d’euros sont prévus pour Galileo dans le cadre financier pluriannuel de l’UE pour 2014-2020. De plus, la Commission va publier prochainement une communication sur le développement et le déploiement de GMES, pour lequel une enveloppe de 5,8 milliards d’euros est nécessaire. M. Barroso a conclu en réaffirmant son ambition pour l’UE d’être un leader au niveau mondial dans le spatial.

Jean-Jacques Dordain, directeur général de l’ESA, a noté que le secteur spatial est également affecté par la crise économique, tout en rappelant qu’il s’agit d’un secteur où l’essentiel des activités industrielles est réalisé en Europe. C’est un secteur alliant connaissance et technologie, un élément clé pour la compétitivité et l’un des rares secteurs où le transfert de connaissance vers les services est à la fois systématique et rapide.

Le spatial est l’un des rares secteurs dans lesquels l’Europe se positionne en tant que leader mondial et en tant que modèle. Elle est en première position sur le marché commercial, pour les technologies et pour la fourniture de services. Elle est un modèle pour l’utilisation du spatial au profit des citoyens en Europe et dans le monde, et comme partenaire fiable dans la coopération internationale.

M. Dordain a en outre souligné que ce leadership européen ne dépend pas du soutien des secteurs de la défense ou de la sécurité, à la différence de ce qui se passe chez toutes les autres puissance spatiales de la planète. Il a salué la volonté du gouvernement polonais de s’occuper de cette question au cours de son actuelle présidence de l’UE.

M. Dordain a réaffirmé combien il était important d’inclure GMES et Galileo dans le cadre financier pluriannuel de l’UE pour 2014-2020. Ces deux programmes ont besoin d’être confirmés dans ce contexte communautaire car il ne s’agit pas uniquement de programmes spatiaux mais de services à destination des citoyens européens. M. Dordain a insisté sur le fait que les incertitudes actuelles sur la pérennité de GMES entrainent un affaiblissement de l’ensemble de la filière spatiale en Europe.

Avec deux échéances cruciales sur l’agenda européen – le Conseil de l’ESA au niveau ministériel à la fin 2012 et le cadre financier pluriannuel – M. Dordain a appelé à un effort plus important afin d’assurer qu’ils deviennent des instruments au service de l’Europe avec un rôle plus important dévolu au spatial pour tous les citoyens de l’Europe et du monde.

Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne, en charge de l’Industrie et des Entreprises, a souligné l’importance politique du lancement de Galileo et la nécessité de respecter les délais et de réduire davantage les coûts. L’objectif principal de la politique spatiale est de servir les citoyens européens.

Selon lui, le secteur spatial se situe « au cœur de la troisième révolution industrielle ». L’industrie spatiale et les milliers de petites et moyennes entreprises qui contribuent à ce secteur génèrent un bénéfice économique et doivent entrainer les marchés européens. Toutefois, leur travail doit également amener des avancées tangibles au niveau social.

M. Tajani a insisté sur le fait que la politique spatiale doit être un instrument de compétitivité et d’innovation et a confirmé qu’il travaille à assurer la mise en place du soutien financier dont l’Europe a besoin pour conserver sa place d’acteur incontournable sur le marché global.

Un portail spatial sur le parvis du Parlement européen

Une exposition organisée par l’ESA à l’entrée du Parlement européen

Le spectacle inhabituel d’un vaste arc-en-ciel s’étirant au dessus de l’esplanade à l’entrée du bâtiment Altiero Spinelli et d’un satellite à taille réelle rutilant sous cette arche multicolore a attiré les passants et accueilli les visiteurs au siège du Parlement européen.

L’arc-en-ciel, qui est une des nombreuses installations artistiques réparties à travers Bruxelles, célèbre la Présidence polonaise de l’UE. Le satellite est une maquette de Cryosat, le satellite observation de la Terre de l’ESA dédié à l’étude des glaces et qui symbolise le rôle joué par le spatial pour la compréhension du changement climatique.

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