Rosetta : 7 mini-caméras franco-suisses lorgnent la terre ce 13 novembre

Photo de Mars prise par Philae
31 octobre 2007

Bonne surprise pour les scientifiques chargés de la mission Rosetta au sein de l’Agence spatiale européenne (ESA). Les sept caméras miniatures franco-suisses du module de descente Philae de Rosetta ont déjà fourni des images spectaculaires de la planète Mars, dont une photo très détaillée en haute résolution.

Alors que cet atterrisseur ne doit photographier la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko qu’en 2014, son système d’imagerie a été activé auparavant afin de s’assurer de son bon fonctionnement pour les prochaines années.

Cette prouesse technologique issue de l’instrument ÇIVA, dont l’Institut d’astrophysique spatiale (IAS) d’Orsay (Essonne, France) en a la responsabilité, devrait être renouvelée lorsque Rosetta reviendra dans les parages de la terre.

Dr. Stéphane Beauvivre
Dr. Beauvivre

«On ne s’attendait pas à une telle qualité d’image. Avec un angle de 70 degrés et une très grande profondeur de champ, la photo a révélé en même temps toute l’étendue du panneau solaire de Rosetta et le sol martien avec une netteté stupéfiante», se réjouit le Dr Stéphane Beauvivre, directeur de Micro-Cameras & Space Exploration SA à Neuchâtel (Suisse), dont les ingénieurs ont conçu et fabriqué les micro-caméras.

Un million de pixels

Montées sur les faces latérales de l’atterrisseur - qui normalement doit s’agripper sur la comète - ces sept unités (dont six pour la vision panoramique et une complémentaire pour la stéréoscopie) seront à nouveau mises à contribution pour photographier la Terre, le 13 novembre.

Artist view of the Rosetta lander
Photo d’artiste de Philae

Pourtant, le module principal de Rosetta, l’orbiteur, comprend déjà deux systèmes d’imagerie : l’un grand angle (Wide-Angle Camera, WAC), l’autre petit angle (Narrow-Angle Camera, NAC) fixés sur l’instrument Osiris. Alors pourquoi utiliser encore les caméras de l’atterrisseur ?

«Les systèmes d’imagerie des deux modules sont différents. Sur l’orbiteur, la WAC permettra d’observer les poussières et les gaz au-dessus de la surface de la comète et la NAC observera le noyau de cette dernière. Sur l’atterrisseur, il s’agit de plusieurs appareils à photo numérique d’un million de pixels permettant de caractériser la surface autour du site d’atterrissage. Nous allons donc profiter du passage près de la Terre pour tester à nouveau le système et nous espérons obtenir une image aussi parlante que celle de Mars - prise le 3 mars - afin d’être certain du fonctionnement de nos caméras en 2014», explique encore le Dr. Beauvivre.

Tout en titane

Une des sept micro-cameras suisses
Une des sept micro-cameras suisses équipant l’attérisseur de la mission Rosetta

Cependant, la conception des têtes optiques est plus sophistiquée qu’un simple appareil photo numérique sur le marché. Chaque caméra, dont la plupart des composants sont en titane, pèse environ 100 grammes.

Munie d’un objectif de 12 mm de diamètre, chaque pièce doit aussi résister à des vibrations intenses ainsi qu’à des températures extrêmes, de -110 degrés C. et + 50 degrés C. Les sept unités du Lander de Rosetta sont basées sur le même concept que celles installées sur les sondes Mars-Express/Beagle2 et SMART 1 qui a percuté la Lune le 4 septembre 2006.

Maître d’œuvre de ÇIVA, l’IAS chapeaute également la fabrication d’un mini-microscope lumineux muni d’un système d’imagerie identique à celui des caméras précitées ainsi que d’un spectromètre infrarouge. Des instruments qui seront mis à contribution lorsque Rosetta sera dans les parages 67P/Churyumov-Gerasimenko. Elle sera alors la première sonde à se mettre en orbite autour d’une comète et d’y déposer un atterrisseur sur sa surface.

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