Rosetta et sa partie suisse : ROSINA

Artist's impression of the Rosetta spacecraft
Rosetta en route pour la comète
23 février 2004

La fascination qu’exercent les comètes sur la plupart des gens sera encore accentuée par le lancement de la sonde européenne Rosetta le 26 février 2004.

En Suisse, une personne suivra l’événement avec une attention toute particulière; il s’agit du professeur de physique à l’université de Berne Hans Balsiger qui est le responsable de ROSINA, l’une des principales expériences embarquées à bord de la sonde.

L’histoire de Rosetta commence au milieu des années 80. La sonde Giotto vient de photographier la comète de Halley, et l’Agence spatiale européenne imagine déjà la suite qu’elle donnera à cette mission qui a un connu un magnifique succès. Naît alors Rosetta, un des projets les plus ambitieux de l’exploration spatiale : se poser sur une comète et l’accompagner pendant son voyage autour du soleil. Le projet est définitivement approuvé par l’ESA en 1993.

Quand les buts scientifiques à atteindre sont connus, le professeur à l’institut d’astronomie de Berne Hans Balsiger, n’hésite pas à soumettre son concept de spectromètre pour mesurer la composition chimique de l’atmosphère de la comète. Son projet est acceptée, l’instrument ROSINA (pour Rosetta Orbiter Spectrometer for Ion and Neutral Analysis) ira donc représenter la Suisse sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko.

ROSINA
Un des éléments de Rosina: le spectromètre

Le spectromètre ROSINA est conçu, d'une part pour déterminer la composition chimique et la température de l’atmosphère et de l’ionosphère de la comète, et d'autre part pour expliquer la formation de l’atmosphère au fur et à mesure que la comète s’approche du soleil.

Ces données permettront d’atteindre un des buts principaux de la mission : une meilleure compréhension de l’origine des comètes, de la formation du système solaire et éventuellement de l’apparition de la vie. En effet, les astronomes pensent que les comètes contiennent des éléments qui pourraient être les premières briques chimiques qui ont permis à la vie de se développer sur la Terre.

« Ca fait plus de 10 ans que notre laboratoire travaille sur cet instrument et il faudra attendre encore 10 ans pour recevoir les premiers résultats puisque Rosetta doit rencontrer la comète en 2014 » explique Hans Balsiger. « Si la conception et la fabrication de ROSINA constituaient un défi, la formation de mes successeurs a aussi été fondamentale. Pour garantir la réussite d’une expérience qui s’étale sur une trentaine d’années, il faut absolument pouvoir assurer la relève » ajoute Hans Balsiger, qui sait de quoi il parle puisqu’il a pris sa retraite l’année passée.

Pour le professeur bernois, il s’agit avant tout d’une retraite administrative, car Hans Balsiger est toujours le chef d’orchestre de l’équipe ROSINA, il a d’ailleurs décidé d’aller assister en personne au lancement de la sonde à Kourou. « Participer à ce genre de mission est extrêmement important pour la recherche de notre pays » estime le professeur, « c’est très motivant pour les étudiants qui, dans ce cas, choisissent l’astronomie parce qu’ils peuvent participer concrètement à une aventure passionnante ».

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