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N° 7–2003: Artemis enfin sur son orbite de travail

31 janvier 2003

Artemis est sur l’orbite géostationnaire, à 36 000 kilomètres d’altitude, à 21,5 degrés Est. Cette information aurait du être annoncée il y a 18 mois, après le lancement d’Artemis le 12 juillet 2001. Cette fois, ça y est, Artemis (Advanced Relay and Technology Mission), le satellite de communications de l'ESA, le plus perfectionné jamais construit, est sur sa position orbitale définitive et va pouvoir jouer son rôle dans le développement de nouveaux systèmes de télécommunications.

On se souvient que, suite à un mauvais fonctionnement de l’étage supérieur d’Ariane 5, Artemis s’était retrouvé sur une orbite trop basse et on avait même pu craindre à l’époque la perte de la mission. Mais grâce à beaucoup d’ingéniosité de la part de spécialistes européens, des ingénieurs de l’ESA mais aussi d’Alenia Spazio, le maître d’œuvre, d’Astrium, concepteur du système de propulsion ionique, et de Telespazio, responsable de la station de contrôle de Fucino, Artemis a pu être sauvé avec l’utilisation, justement, de technologies expérimentales embarquées par ce satellite.

C’est en effet l’utilisation « détournée » d’un nouveau système de propulsion, la propulsion ionique, qui a permis ce véritable exploit.

En effet Artemis, était équipé de ce système à titre expérimental (*), pour corriger ses dérives une fois sur son orbite de travail. En fait ce système a servi à faire remonter le satellite de 31 000 à 36 000 kilomètres d’altitude. Une opération nettement plus lente qu’avec un moteur d’apogée normal mais - c’est le résultat qui compte : Artemis est bien arrivé à destination. Utiliser ce système de propulsion ressemble un peu à l’utilisation d’un moteur de pirogue pour faire avancer un gros cargo !!

Pour cela un énorme travail de re- programmation informatique a été nécessaire, il a même fallu développer de nouveaux logiciels pour permettre ce sauvetage dans la banlieue terrestre.

Ainsi Artemis, après avoir été mis sur une orbite de parking à l’aide du système classique de propulsion chimique, a pu poursuivre son voyage avec ses petits moteurs ioniques. Ces opérations ont commencé en février 2002 et, à la moyenne de 15 kilomètres par jour, Artemis est monté en spirale vers l’orbite géostationnaire, non sans quelques incidents ni mauvaises surprises, des difficultés liées notamment au fait que l’on utilisait un système qui n’avait pas été conçu pour un tel travail.

Lentement mais sûrement Artemis est arrivé à bon port, démontrant par là même toute sa modernité et illustrant déjà l’intérêt de ce type de satellite destiné à tester de nouvelles technologies ou de nouveaux services.

A noter que, pour la phase d’approche finale, on a encore eu recours au moteur chimique avec trois allumages successifs destinés à ajuster correctement la vitesse du satellite.

Artemis est maintenant sur sa position de travail, ses instruments mis en sommeil pendant toute cette phase de sauvetage, ont été activés. Mais il ne faut pas oublier que ce satellite a déjà à son actif une première mondiale, en effet parallèlement à la préparation du rehaussement de l'orbite, les charges utiles de communication ont été vérifiées depuis le sol. Les essais de communication avec le satellite d'observation de la Terre SPOT-4 du CNES (voir communiqué de presse de l'ESA n°75/2001) ont été l'événement le plus marquant de cette vérification : une image de SPOT-4 a été transmise par liaison laser à Artemis qui l'a, à son tour, transmise par ondes hertziennes au centre de traitement de Spot Image à Toulouse. Une liaison sans précédent entre satellites dans l’espace !

Artemis est donc en phase de réveil avant d’entamer sa carrière opérationnelle qui pourrait durer 10 ans, c’est à dire pratiquement la durée de vie qui était prévue avant ces péripéties qui au fond auront été très riches d’enseignements pour de futures missions.

(*) Le principe de tout type de propulseur dans l'espace consiste à accélérer des molécules et à les expulser du satellite à la plus grande vitesse possible. Les propulseurs classiques utilisent une réaction chimique entre un combustible et un comburant pour échauffer un gaz et éjectent ses molécules à une vitesse de l'ordre de 1 km/s. Les systèmes de propulsion électrique commencent par ioniser (charger électriquement) des molécules de gaz (du xénon dans le cas présent) ; le gaz ionisé est alors accéléré par des champs électriques et éjecté du satellite à une vitesse de l'ordre de 30 km/s.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

ESA, Service des Relations avec les Médias

Tel: +33(0)1.53.69.7155

Fax: +33(0)1.53.69.7690

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