Dialogue de six étudiants du concours SUCCESS 2002 avec l'astronaute belge de l'ESA Frank De Winne

SUCCESS 2002 student
9 novembre 2002

Le 6 novembre, à 18 h 40 [audio seulement, pas de vidéo]. Cette conversation a été réalisée via le TOCC (Taxi Flight Operations Coordination Centre) à l'ESTEC, Noordwijk (Pays-Bas). C'est que se trouve l'équipe des opérations pour la mission Odissea. Elle est chargée des tâches pour la coordination et les décisions sur le déroulement de la mission, ainsi que des interfaces avec tous les centres de contrôle des partenaires. Le TOCC réagit à toute modification au cours de la mission, en coordonnant les décisions et en fixant les priorités dans le programme prévu des expériences européennes. Il est le lien en Europe avec les équipes des contrôleurs en Russie et en Amérique.

Les étudiants des Universités d'Ecosse, d'Italie et des Pays-Bas ont eu l'occasion de poser leurs questions. Ils sont à l'ESTEC dans le cadre du concours SUCCESS 2002 qui permet à des étudiants européens de gagner un stage d'une année à l'ESA et d'avoir la chance que leur expérience puisse voler à bord de l'International Space Station (ISS).

Comme la liaison avec l'ISS a duré plus longtemps que prévu, les étudiants ont eu droit chacun à une seconde question.

Joost Elstak, de l'Aerospace Engineering à l'Université de Delft, Pays-Bas, a posé la première question à Frank De Winne: "Si, dans environ une dizaine ou une vingtaine d'années, nous analysons le bilan d'ISS, qu'est-ce que l'humanité, de votre point de vue, aura appris de ce projet gigantesque et dans quelle mesure espérez-vous qu'il aura changé la société telle que nous la connaissons aujourd'hui ?"

La réponse de Frank fut que l'ISS fait impression avec la diversité des peuples qui sont impliqués, la variété des cultures qui participent, les langues différentes de ses occupants. Le fait de les faire travailler ensemble et d'arriver ensemble à un résultat est bonnement incroyable.

Question de Simona Lodato, Maria Rosaria Rusciano et Diana Pignalosa de Naples (Italie): "Que faites-vous de votre temps libre au cours de la mission spatiale?"

Réponse de Frank: "La plupart du temps, je regarde par la fenêtre pour admirer la superbe vue et je communique avec ma famille au sol."

Robert Araujo et Maria-Joao de l'Université d'Aberdeen demandent à Frank : "D'après vous, malgré la multitude de centres d'intérêt que cela apporte, vous sentez-vous vraiment stimulé à travailler main dans la main avec les étudiants dans l'exploitation de l'ISS ?"

Frank répond: "Ce me fait beaucoup plaisir. Quand je travaillais à l'ESTEC, j'ai eu l'occasion de travailler avec des étudiants de l'Université Technique de Delft et je me suis beaucoup amusé. C'est toujours enthousiasmant de travailler avec des étudiants, car ils voient les problèmes sous un angle nouveau, avec des idées neuves. Les étudiants d'aujourd'hui sont les chercheurs et les astronautes de demains. Plus vite ils peuvent être impliqués dans l'ISS, mieux c'est.

Nouvelle question de Joost Elstak, de TU Delft: "Pourquoi votre atterrissage se fait-il de nuit ?"

Réponse de Frank: "C'est en effet inhabituel de se désarrimer alors qu'il fait nuit en Russie. Après nous être séparés de la station, nous effectuons 2 à 3 orbites, avant d'atterrir dans le Kazakhstan où il fera encore tôt le matin. Si nous avions voulu atterrir plus tard, alors qu'il fait jour, nous aurions dû rester dans la station plus longtemps. Comme le Space Shuttle se prépare à y arriver après notre départ, ce n'était pas possible."

Simona Lodato, Maria Rosaria Rusciano et Diana Pignalosa demandent cette fois: "Qu'est-ce qui est le plus hasardeux pour une mission interplanétaire de longue durée ?"

Réponse : "Il y a tellement d'aléas lors d'une telle mission, mais le problème le plus important est que des êtres humains doivent voyager pendant 2 à 3 années avant d'arriver sur une autre planète. Nous devons savoir davantage comment les membres de l'équipage peuvent vivre ensemble dans un environnement confié pour aussi longtemps ? Comment accepteront-ils le fait qu'ils ne peuvent pas revenir rapidement sur la Terre ? A bord de l'ISS, l'équipage dispose d'un vaisseau de sauvetage. C'est le Soyouz qui nous permet de regagner la Terre, le cas échéant. Un autre problème est posé par la quantité d’aliments dont l'équipage a besoin pour se lancer dans une telle expédition."

Question de Robert Araujo de l'Université d'Aberdeen : "Avez-vous éprouvé des difficultés à effectuer des expériences biologiques dans l'ISS, alors que vous-même vous n'êtes pas, à proprement parler, un chercheur? "

Réponse: "J'ai effectué les opérations d'après les instructions que les chercheurs m'ont données et il ne faut pas être un expert scientifique pour être un bon opérateur."

A la fin de cet échange, Frank a dit qu'il avait pris beaucoup de plaisir à parler aux étudiants et qu'il espérait avoir bientôt l'occasion de partager son expérience avec eux en personne. Il a également remercié les nombreuses personnes qui sont impliquées dans le support au sol de la mission et qui l'ont aidé à réaliser ce magnifique vol.

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