L'entraînement spatial

Vous êtes un pilote de F-16. Cette carrière vous a-t-elle aidé pour votre entraînement de cosmonaute à bord du Soyouz ?
Sans aucun doute. Mes antécédents comme pilote d'essais et comme ingénieur m'ont été très utiles pour l'étude des systèmes Soyouz et pour l'apprentissage de leur contrôle. Certes, ces systèmes sont différents de ceux d'un avion, mais leur architecture et la façon de concevoir ces systèmes sont fort semblables. Je peux donc m'y retrouver très facilement.

Comment avez-vous appris le russe pour suivre vos cours et pour étudier vos manuels ?
La langue russe est très difficile à apprendre, mais vous devez y aller. Au début, vous avez une série de leçons avec un professeur personnel et c'est d'une grande aide. Plus tard, vous apprenez surtout le russe en séjournant en Russie, en lisant, en parlant. Personne de vous demande de parler parfaitement le russe, de connaître tout le vocabulaire ni de faire un exposé en russe. Vous devez vous faire comprendre et vous devez comprendre le langage technique ou les tâches opérationnelles que vous avez à accomplir. Et ce n'est pas si mal.

La langue russe a-t-elle représenté la barrière la plus difficile durant votre entraînement ?
Au début, ce fut dur. C'est une grande barrière quand vous désirez établir des relations amicales et de longue durée. Avec ma pratique courante du russe, je suis capable de remplir mes responsabilités d'ingénieur de vol. J'ai fait mes examens en russe sans l'aide d'un interprète. Les sessions d'entraînement à bord des simulateurs se réalisent en russe avec des manuels russes.

Vous êtes-vous entraîné en différents endroits ?
Mon entraînement, dans sa partie principale, s'est fait en Russie. C'est plutôt exceptionnel que je vienne m'entraîner en Europe. Ceci n'arrivait que pour le programme scientifique. Il eût été trop difficile de faire venir tous les chercheurs en Russie. Une partie de mon entraînement européen s'est déroulé en Belgique, ainsi qu'à l'ESTEC aux Pays-Bas, comme à l'EAC qui est l'European Astronaut Centre, près de Cologne. Ca dépend, entre autres, de la disponibilité des maquettes d'entraînement. A l'ESTEC, vous avez par exemple un modèle du MSG ou Microgravity Science Glovebox dans lequel, là-haut, à bord de l'ISS, j'aurai à effectuer plusieurs expériences en microgravité. Ainsi il est normal qu'en grande partie, je me sois entraîné avec les chercheurs à l'ESTEC. Je suis allé aux Etats-Unis au Johnson Space Center, où se trouve une maquette complète de l'ISS.

Last update: 1 octobre 2002

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