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Copernicus Sentinel-6 Michael Freilich
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Le satellite de topographie des océans réussit ses tests avec brio

22/07/2020 186 views 1 likes
ESA / Space in Member States / France

Comme des millions d’étudiants dans le monde qui attendent en ce moment même leurs notes d’examens, le satellite Sentinel-6 Michael Freilich du programme Copernicus a lui aussi été soumis à une série de tests ardus pendant lesquels les équipes impliquées dans cette mission internationale ont gardé les yeux fermement fixés sur les résultats finaux.

Sentinel-6 a heureusement réussi avec brio tous les tests et les ingénieurs peuvent maintenant le préparer pour son voyage vers les États-Unis en vue de son décollage, prévu le 10 novembre prochain à bord d’un lanceur Falcon-9 de SpaceX.

La montée des eaux : une menace
La montée des eaux : une menace

Renommé en hommage à Michael H. Freilich, qui a dirigé les travaux en sciences de la Terre de la NASA, le satellite Sentinel-6 Michael Freilich du programme Copernicus va endosser le rôle critique de surveillance du changement du niveau des mers en continuant le relevé à long terme de mesures du niveau moyen de la mer depuis l’espace.

Alors que des millions de personnes vivent dans des communautés côtières tout autour du monde, l’élévation du niveau de la mer figure en haut de la liste des préoccupations majeures liées au changement climatique. La surveillance de la hauteur de la surface de la mer est une donnée essentielle à la compréhension des changements en cours, non seulement pour que les décideurs aient les preuves nécessaires à la mise en œuvre de politiques appropriées afin d’aider à réduire le changement climatique, mais aussi pour que les autorités puissent prendre les mesures nécessaires à la protection des communautés vulnérables. 

Depuis trois décennies, les missions franco-américaines Topex-Poseidon et Jason ont servi de référence, et combinées aux précédentes missions ERS et Envisat de l’ESA, ainsi qu’aux missions actuelles Cryosat et Sentinel-3 du programme Copernicus, elles ont permis de montrer que le niveau des mers a augmenté de 3,2 mm par an en moyenne. Plus alarmant encore, la vitesse d’élévation est en augmentation depuis ces dernières années et le niveau des mers s’élève maintenant de 4,8 mm par an.

Niveau des mers: tendances régionales
Niveau des mers: tendances régionales

Il est maintenant temps pour la mission Sentinel-6 du programme Copernicus de prendre le relais et d’étendre ce jeu de données qui est la référence absolue en matière d’études climatiques. Suite à l’issue positive de la revue d’acceptation qui stipule que le satellite a réussi tous ses tests, le satellite peut être préparé en vue de son acheminement vers le site de lancement.

Pierrik Vuilleumier, chef de projet Copernicus Sentinel-6 pour l’ESA, déclare : « Cette revue est une étape importante et nous prévoyons maintenant d’avoir préparé le satellite en vue de son expédition d’ici la fin du mois ; il partira du centre IABG situé près de Munich en Allemagne pour la base de lancement Vandenberg située en Californie, aux États-Unis. Vu les circonstances liées au COVID-19, toutes les personnes impliquées ont travaillé remarquablement afin de respecter le calendrier. »

« Nous avons l’intention d’expédier le satellite le 23 septembre à Vandenberg, à la suite d’autres revues relatives à la disponibilité du pas de tir et aux opérations de vol. »

Prêt à mesurer la hauteur de la surface de la mer.
Prêt à mesurer la hauteur de la surface de la mer.

La mission, qui comprend deux satellites qui seront lancés l’un après l’autre, est un véritable exemple de coopération internationale : elle a été développée conjointement par l’ESA, la NASA, l'Organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT) et l’Administration nationale des océans et de l'atmosphère (NOAA), avec le soutien du Centre National d’Études Spatiale (CNES).

Chaque satellite embarque un altimètre radar, qui mesure le temps qu’il faut à une impulsion radar pour voyager jusqu’à la surface de la Terre et revenir jusqu’au satellite. Une fois combinées à des données précises de localisation du satellite, les mesures altimétriques donnent la hauteur de la surface de la mer.

La suite d’instruments des satellites comprend également un radiomètre à micro-ondes perfectionné qui tient compte de la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère ; celle-ci perturbe en effet la vitesse des impulsions radar de l’altimètre.