Expédition polaire belge pour Cryosat-2

Les deux explorateurs belges: Alain Hubert et Dixie Dansercoer
Les deux explorateurs belges du monde polaire: Alain Hubert (à gauche) et Dixie Dansercoer
28 février 2007

Ce 1er mars, s’ouvre l’IPY ou International Polar Year, l’année polaire internationale qui va durer jusqu’en mars 2009. Pour son lancement, deux explorateurs belges entament une odyssée de la glace au Pôle Nord, sur 4.300 km à parcourir en 110 jours.

Cette difficile expédition, baptisée The Arctic Arc, poursuit un objectif double : c’est une aventure scientifique au service de la mission Cryosat-2 de l’ESA et une occasion pédagogique de sensibiliser les jeunes de 8 à 18 ans (ainsi que le grand public) à la problématique du réchauffement climatique.

Prêts pour l’odyssée de la glace dans l’immensité de l’Arctique!
Prêts pour l’odyssée de la glace dans l’immensité de l’Arctique!

Alain Hubert (53 ans) et Dixie Dansercoer (44 ans) ont décidé de repartir pour une traversée de l’Arctique. Leur point de départ en cette fin de février est la pointe Arktichewski sur l’archipel russe de Severnaya Zemlya, dans l’extrême nord de la Sibérie. Cap sur le Pôle Nord pour atteindre un passage montagneux, le plus septentrional, du Groenland. Ils ont prévu d’arriver vers la mi-juin à Narssarssuaq, le point le plus méridional.

Ils sont conscients des dangers que la banquise polaire, qui flotte sur un océan, leur réserve vu la minceur et l’instabilité de la glace de mer en certains endroits. « On doit se déplacer dans un milieu inconnu, en tirant chacun un traîneau de 130 kg qui est notre vaisseau de survie. Il transporte une tente, une voile, des vivres riches en graisses, des panneaux solaires… On se retrouve dans un univers de silence, attentif aux craquements de la glace, parfois avec la compagnie d’ours blancs… ».

The Arctic Arc, un long et audacieux périple au Pôle Nord
The Arctic Arc, un long et audacieux périple au Pôle Nord

Ce n’est pas la première fois que les deux aventuriers osent défier l’immensité de la calotte glaciaire. En 1997-1998, ils établissaient un record du monde dans le continent antarctique en y effectuant, à pied, à skis et avec des voiles, un parcours de 3.924 km en 99 jours. En 2002, ils avaient tenté de traverser l’Arctique sur 2.400 km, mais ils devaient renoncer après 69 jours d’efforts, « en raison des conditions déplorables de la glace ».

Cette fois, tenant compte des leçons de leur précédent périple, ils partent avec un chargement minimal et compact. « Notre seul outil de contact avec la civilisation sera un portable Iridium pour donner de nos nouvelles », précise Alain Hubert. « En cas d’urgence, il ne sera pas possible de nous porter secours avant plusieurs jours. »

Pour Alain Hubert, le périple ne sera pas de tout repos!
Pour Alain Hubert, le périple ne sera pas de tout repos!

The Artic Arc a reçu le soutien de l’ESA. Dr. Richard Francis, responsable du système Cryosat depuis la conception jusqu’à la mise en œuvre de la mission, prépare Cryosat-2 pour un lancement avec une fusée Rockot en mars 2009 (à la fin de l’IPY).

Il explique son intérêt pour l’expédition d’A. Hubert et D. Dansercoer, chargés d’effectuer des relevés tout le long de leur périple : « Leurs mesures rigoureuses du manteau neigeux sur la calotte glaciaire nous permettront de mieux connaître l’épaisseur de la neige et sa variation sur de longs tracés, d’améliorer nos modèles de calcul de la masse de glace présente. Les satellites de surveillance de la glace mesurent avec leur radar ce qui émerge de l’eau. Il s’agit de calibrer correctement leurs données pour un traitement correct. Or, la glace de mer, alourdie par la neige, s’enfonce. Il faut tenir compte de ce paramètre pour que nos méthodes d’évaluation soient plus précises et plus efficaces. »

La station scientifique Princess Elisabeth
Le grand retour de la Belgique en Antarctique avec cette station scientifique Princess Elisabeth

Il y a la dimension pédagogique que l’International Polar Foundation (IPF, établie à Bruxelles, avec des antennes en France, en Suisse et au Royaume-Uni) a voulu donner à l’expédition polaire belge. Son site EducaPoles, par le biais d’activités interactives et dans le cadre de manifestations éducatives, veut susciter l’intérêt sur l’état de santé, aux pôles, de notre planète. Durant l’odyssée The Arctic Arc, un concours servira à aborder les thèmes suivants : régions polaires, sciences des pôles, océan et biodiversité, eau et calotte glaciaire, changement climatique, énergie et ressources naturelles, impact du changement. Les élèves d’une classe pourront poser des questions aux deux explorateurs, dans le but de réaliser un reportage pour février 2008. Autre jeu proposé : déterminer – jusqu’à fin mai – le nombre de km parcourus que le récepteur GPS (Global Positioning System) d’Alain Hubert affichera au terme du périple.

La Belgique, qui s’est toujours intéressée à la recherche polaire, se prépare à reprendre pied sur le continent antarctique. Avec le projet de sa station scientifique Princess Elisabeth (un investissement de 6,4 millions €, de 2006 à 2010), qui y sera la première installation non polluante, alimentée en électricité par huit éoliennes et des panneaux solaires. Sa construction doit démarrer à la fin de l’année pour être terminée en mars 2008. Elle pourra alors accueillir sa première expédition (jusqu’à une vingtaine de chercheurs et techniciens). La réalisation et la mise en œuvre sont assurées par le Service public fédéral de Programmation Politique Scientifique.

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