L'ESA arrivée à maturité se positionne pour le futur: les témoignages de trois Directeurs

Vue aérienne de l'ESTEC
24 juin 2005

L'Agence Spatiale Européenne, connue sous son abréviation d'ESA, a 30 ans. Au cours de trois décennies d'activités, elle a grandi pour devenir une organisation qui fait autorité en matière d'astronautique. On a des raisons d'être fier mais on ne peut rester assis sur les acquis.

Une vision d'avenir, clairement définie, doit baliser l'avenir de l'ESA. Le mercredi 29 juin, l'ESA fête son 30ème anniversaire à l'ESTEC, Noordwijk. Trois directeurs de l'ESA jettent un coup d'oeil en arrière pour regarder sur l'avant : "L'ESA se met surtout au service du citoyen, avec des compétences plus fortes."

Pour Jean-Jacques Dordain, Directeur Général de l'ESA, "l'Agence Spatiale Européenne peut être fier de ce qu'elle a accompli pour combler son retard". Et d'insister sur la coopération qui sert de fil rouge pour l'histoire de l'astronautique européenne. "Lorsque je suis arrivé à l'ESA en 1986, nous avions affaire à la Guerre Froide. Les programmes étaient alors organisé pour que l'Europe acquière une position indépendant entre les deux grandes puissances qu'étaient la Russie et l'Amérique. Quatre ans plus tard, le Rideau de Fer tombait. Ce qui était la compétition, s'est muée en coopération, au sein de l'Europe et en dehors. Cette coopération, à ce jour, n'a fait que se renforcer".

Les années-phares

Laying the foundations of ESTEC
L'ESTEC à ses débuts

L'Europe spatiale, avec l'ESA, est née en 1975 d'une fusion entre deux organisations, l'ELDO pour le développement de fusées, et l'ESRO pour la recherche scientifique dans l'espace. René Oosterlinck, l'actuel Directeur pour les Relations Extérieures, a commencé sa carrière à l'ESA en 1979 et il a suivi de près la croissance de l'organisation. Ce ne fut pas toujours une sinécure, car les périodes d'activité intense ont alterné avec des temps de vaches maigres, qui furent particulièrement durs à endurer.

"A la fin des années 70, près de 1.700 personnes travaillaient à l'ESA. Mais au début des années 80, on a vécu des moments difficiles et le personnel est tombé sous la barre de 1 300. Il y avait une carence de programme. Mais la situation a tourné lorsque nous avons commencé à développer une nouvelle Ariane et à préparer notre participation à la station spatiale internationale. Ce qui signifia le retour vers les années-phares de l'ESA, qui employait de façon permanente plus de 2 000 personnes."

Aujourd'hui, l'ESA a 16 Etats membres - le Luxembourg est sur le point de devenir le 17ème - et elle compte 1 900 collaborateurs. "Nous avons à notre actif une période de très beaux succès. Avec une longue série de satellites scientifiques, le satellite d'observation de la Terre Envisat et l'important satellite de télécommunications Artemis. Nous collaborons à l'ISS et nous développons le système de navigation par satellites Galileo. Cette année constitue de nouveau une sorte d'année charnière. C'est maintenant le temps pour démarrer de nouveaux grands programmes et nous aurons à les discuter lors du Conseil de l'ESA au niveau ministériel en décembre."

Tournée vers la demande

Il s'agit de prolonger le succès des dernières années en vue d'aborder l'avenir. "Pour ce faire, l'ESA devenue désormais adulte doit continuer à s'adapter", estime Michel Courtois, le Directeur du Centre de recherche et de technologie spatiale ESTEC à Noordwijk.

« L'Agence, si elle a de l'âge, est pleine de jeunesse. D'une part, nous avons acquis beaucoup de savoir-faire, avons entrepris des missions qui ont été de superbes premières tant en Europe qu'au niveau mondial. Mais le paysage de l'aventure spatiale n'est plus ce qu'il a été. On a affaire à un environnement plus compétitif. Nous devons être prêt pour cette compétition. ESA choisit une approche plus pragmatique et plus tournée vers la demande."

En dépit de tous les changements qui secouent l'industrie spatiale dans le monde, il est un facteur de stabilité qui poussera dans le dos l'ESA durant ses trente prochaines années: c'est la recherche scientifique dans l'espace. R. Oosterlinck n'est pas peu fier de constater: "Nous avons des réalisations fantastiques dans le domaine scientifique: Mars Express, la sonde lunaire SMART-1, l'arrivée réussie de la capsule Huygens sur la lune Titan de Saturne.

Avec notre participation au télescope spatial Hubble, nous pouvons remonter le temps, jusque près du moment du big-bang et comprendre ce qui se passe dans l'Univers. Et nous envisageons la prochaine étape dans l'exploration des planètes, avec le lancement de Vénus Express en octobre prochain. Nous sommes aux frontières du patrimoine scientifique, nous explorons l'espace. Ce qui continue d'être passionnant et, sur le plan de la science, d'une valeur inestimable, maintenant et à l'avenir!"

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