L’Europe spatiale au cœur de la présidence belge de l’Union

12 juillet 2010

Depuis ce 1er juillet et pendant six mois, la Belgique assure la présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne. Parmi les actions qu’elle a prévues, elle s’efforcera de contribuer à la mise en place de la compétence dans le domaine spatial, qui est définie par l’article 189 du Traité de Lisbonne. Au travers de trois événements clefs qui se tiendront à Bruxelles: deux conférences internationales et un Conseil Espace.

« L’accent que la Belgique entend mettre sur le rôle et l’avenir de l’Europe spatiale, tant dans les programmes de l’ESA qu’avec les missions de la Commission, est le prolongement de son action essentielle au sein de l’ESA, depuis que celle-ci a pris forme dans les années 70 », explique Eric Béka, le Haut Représentant de la Belgique pour la Politique Spatiale. Cet ingénieur civil électricien de 56 ans est un grand connaisseur de la politique de l’Europe dans l’espace. Durant 30 ans, au service de quelque 20 Ministres et Secrétaires d’Etat en Belgique, il veille à ce que soit bien gérée, dans l’intérêt de ses chercheurs et industriels, la participation belge aux programmes spatiaux européens. Comme ambassadeur du spatial belge, il assume les responsabilités de chef de la délégation belge auprès de l’ESA et il est l’un des vice-présidents du Conseil de l’Agence.

Erik Béka (à gauche), l’ambassadeur du spatial belge, et Daniele Galardini, Directeur de la station ESA de Redu

En fait, ce souci du spatial dans le contexte de la présidence belge de l’Union revêt un caractère d’autant plus primordial que les sept prochaines présidences seront confiées à des Etats membres qui ne sont la plupart qu’au début de leur engagement en matière spatiale au sein de l’Europe. Ainsi vont se succéder à la tête de l’Union la Hongrie et la Pologne en 2011, le Danemark et Chypre en 2012, l’Irlande et la Lituanie en 2013, la Grèce en 2014. Puis ce sera au tour de l’Italie.

Propriété de la Commission, la grande parabole de la station ESA de Redu pour les tests Galileo en bande L

La volonté belge de marquer de son empreinte la politique spatiale européenne s’inscrit dans ces quatre axes clefs pour l’avenir de l’Union dans l’espace :

  • progresser dans la définition d’une vision européenne en matière d’exploration de l’espace ;
  • asseoir rapidement l’exploitation durable des programmes opérationnels Galileo (navigation) et GMES (télédétection) ;
  • veiller à mieux intégrer la composante spatiale dans les politiques de l’Union pour les questions liées à la sécurité et concernant le changement climatique ;
  • renforcer la mise en œuvre de systèmes spatiaux dans le cadre du partenariat stratégique Europe-Afrique.
Partenariat Europe-Afrique pour les applications spatiales. Cette photo des deux continents a été réalisée à partir des images

Au programme de la présidence belge, figurent entre septembre et novembre trois événements qui ont été élaborés et préparés par la Politique scientifique fédérale et la Haute Représentation pour la Politique Spatiale. Bruxelles organisera deux conférences internationales ainsi qu’un Conseil européen de l’Espace. « Au début de cette décennie, précise E. Béka, l’Europe doit mettre tout en œuvre pour disposer rapidement de systèmes spatiaux opérationnels qui soient efficaces au service de l’innovation, de l’économie, de la réalisation de ses politiques et, plus globalement, au service de la société. Il s’agit ni plus ni moins de mettre en application les dispositions du Traité de Lisbonne concernant l’espace, tout en tirant parti des compétences, de l’expertise et de l’infrastructure de l’ESA et des agences nationales ».

La compétence « espace » du Traité de Lisbonne

- Le 16 septembre, se tiendra une Conférence internationale « L’espace pour le citoyen africain ». L’objectif est de montrer comment l’utilisation des systèmes spatiaux, comme outil transversal, constitue une plus-value pour favoriser et améliorer sur le continent africain les politiques de développement socio-économique, de protection de l’environnement, de communications et d’information, de gestion des ressources naturelles, de santé et d’éducation… Concrètement, on cherchera à définir les premières initiatives, avec les ressources budgétaires, du Plan d’action GMES-Afrique en cours d’élaboration.

- Le 21 octobre, la 2ème Conférence ministérielle sur l’exploration spatiale doit prolonger celle qui s’est tenue à Prague en octobre 2009. Il s’agit de définir une vision et un plan stratégiques – la feuille de route européenne – en matière d’exploration spatiale dans le cadre d’un partenariat international par le « couple » EU + USA. Sous l’autorité de la Ministre belge Sabine Laruelle en charge de la Politique scientifique, l’astronaute Frank De Winne préside actuellement le groupe technique qui réalise la fiche de référence pour les discussions et réflexions de cette importante conférence pour l’avenir de la recherche et de la technologie spatiales en Europe.

- Le 25 novembre, le 7ème Conseil Espace (Space Council) se réunira en marge du Conseil Compétitivité de l’Union. Ce Conseil au niveau ministériel des Etats membres de l’Union et de l’ESA prévoit de faire le point sur les actions européennes en cours dans le domaine spatial. Il doit surtout démarrer le processus d’élaboration de la gouvernance des activités spatiales de l’Europe, vu que l’Union doit sans tarder traduire, en terme de gouvernance, la nouvelle compétence « espace » que lui a donnée le Traité de Lisbonne.

Alors que l’Union continue de subir les effets budgétaires de la crise économique, la Belgique veut redynamiser le souffle européen pour un nouvel élan, avec des progrès innovants en recherche et technologie spatiales. Tout en faisant en sorte qu’une Europe ambitieuse dans l’espace colle davantage aux besoins du citoyen européen et de la coopération internationale.

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