La recherche belge autour de Vénus

Solar occultation at Venus
Premier emploi de l’occultation autour de Venus
10 avril 2006

Ce 11 avril 2006, grâce à la sonde européenne Venus Express, la Belgique a, pour la première fois, rendez-vous avec l’Etoile du Berger. A bord se trouve l’expérience SPICAV/SOIR (Spectroscopy for Investigation of Characteristics of the Atmosphere of Venus/Solar Occultation in the Infra Red) auquel ont contribué l’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique et l’industrie belge.

La sonde, lancée le 9 novembre 2005 depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, est la première mission européenne à destination de Vénus, surnommée l’Etoile du Berger à cause de son éclat dans le ciel (soit au lever, soit au coucher). Après une odyssée de plus de 160 jours dans l’espace, Venus Express procède à une délicate manœuvre de freinage pour être capturée par l'orbite vénusienne. Ensuite, au terme d’une période initiale de 10 jours sur l'orbite de capture, Venus Express doit de nouveau mettre en marche son moteur principal. Six jours plus tard, après une série de petites manœuvres orbitales, la sonde sera placée sur son orbite opérationnelle définitive : une orbite polaire elliptique parcourue en 24 heures qui la fera s'approcher jusqu'à une distance de 250 km de Vénus et s'en éloigner jusqu'à 66.000 km.

SPICAV/SOIR

Schéma de l’instrument SPICAV auquel la Belgique participe

L’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB), aux côtés de l’Observatoire Royal de Belgique et de l’Institut Royal Météorologique, constitue le « Space Pole » d’Uccle, près de Bruxelles. Ce sont trois institutions scientifiques qui dépendent du Service Public Fédéral de Programmation Scientifique.

L’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB), avec une expertise scientifique et technologique dans les mesures spectrales, a des prestations de services dans le domaine de la physique et de la chimie atmosphériques et sur les effets du rayonnement solaire. Créé en 1964, en même temps que l’Europe se dotait d’une organisation de recherche spatiale, il a acquis une renommée mondiale dans la connaissance des changements de l’atmosphère. Il participe de façon significative à la mission Venus Express de l’ESA avec le spectromètre infrarouge SPICAV/SOIR. Cet instrument – dérivé de SPICAM qui se trouve sur Mars Express – doit analyser la composition chimique de l’atmosphère de Vénus. Plus particulièrement, il cherchera de petites quantités d’eau qui sont supposées exister dans l’atmosphère vénusienne. L’instrument cherchera aussi la trace de composés sulfurés et d’oxygène moléculaire dans l’atmosphère et il déterminera la pression atmosphérique et la température entre 80 et 180 kilomètres d’altitude.

Canal supplémentaire

Venus Express trajectory
Venus Express lors de son approche de notre voisine

Le spectromètre SPICAV/SOIR fonctionne en étant pointé vers le soleil, lorsque celui-ci descend sous l’horizon de Vénus et qu’il apparaît à travers l’atmosphère de la planète. En fonctionnant d’après le mode de l’occultation, l’instrument peut scanner dans 50.000 longueurs d’onde différentes la lumière qui traverse l’atmoSphère. Ce qui permet d’obtenir des informations sur la composition chimique de l’atmosphère. Pour compléter ces données, le SPICAV est doté d’un canal supplémentaire - le SOIR (Solar Occultation in the Infra Red)-, qui fonctionne dans un spectre plus large, celui de l’infrarouge. C’est la première fois que cette technique de l’occultation est réalisée autour de Vénus. Par ailleurs, SPICAV mettra en évidence grâce à l’infrarouge les raies spectrales de variantes thermiques dans l’atmosphère, quand Venus Express survolera la face de Vénus plongée dans la nuit

Le senseur SOIR a été conçu et réalisé à l’IASB, avec la collaboration de deux société d’Oudenaarde : OIP pour la partie optique spatiale et Pedeo Techniek pour les structures mécaniques.

Radio Science VeRa

Investigating atmospheric and surface properties
L’ORB partie prenante dans l’étude des ondes radio

Par ailleurs, l'Observatoire Royal de Belgique (ORB) participe également à la mission Venus Express avec l'expérience de Radio science VeRa, qui est basée sur les ondes de télécommunications entre la Terre et la sonde. Il s’agit d’étudier la structure de l’intérieur peu profond de la planète Vénus. Cette expérience est réalisée par l’équipe du Professeur Véronique Dehant, qui effectue la même recherche sur la Planète Rouge au moyen de Mars Express. L'Observatoire Royal de Belgique est spécialisé dans des activités de recherche et de service en astronomie et astrophysique, en géophysique et en physique solaire.

Autre « made in Belgium »

Venus Express
La couverture nuageuse de Venus, photographiée par le NASA-ESA Hubble Space Telescope en ultraviolet (à gauche) et par la sonde Galileo (dans l’infrarouge).

Il est intéressant de noter que la société belge Nexans de Huizingen, spécialisée dans le câblage électrique, a participé à la réalisation de la sonde européenne. Elle est déjà présente sur les sondes Mars Express et Rosetta, ainsi qu’à bord du micro-satellite PROBA-1. Le câblage de Nexans sur Venus Express consiste en 9.000 éléments de contact et en 500 connecteurs.

A signaler qu’une exposition sur Venus et Venus Express débute le 11 avril au planétarium. Parallèlement à une présentation de photos en l’honneur du 45ème anniversaire du premier vol spatial habité (par Youri Gagarine), et ce, jusqu’au 12 mai 2006.

Contacts :

Venus Express over atmospheric storms  at Venus's  North pole
Venus Express doit faire comprendre pourquoi notre voisine a évolué différemment

Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique:
Stéphanie Fratta
Tel.: +32 (0)2 373.04.49
Fax: +32 (0)2 373.04.52
e-mail: stephanie.fratta@aeronomie.be

Observatoire royal de Belgique:
Jan Cuypers
Tel.: +32 (0)2 373.02.34
Fax: +32 (0)2 374.98.22
e-mail: Jan.Cuypers@oma.be

Sophie Raynal
Tel.: +32 (0)2 373.67.31
Fax: +32 (0)2 373.67.94
e-mail: S.Raynal@oma.be

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