Le Grand-Duché de Luxembourg se prépare à devenir membre de l'ESA

ASTRA Satellite System
24 juin 2002

Le Grand-Duché de Luxembourg, où est implanté l'opérateur n°1 de satellites géostationnaires, se prépare à devenir membre de l'ESA.

Le Grand-Duché joue un rôle incontournable en Europe pour l’exploitation des satellites de télévision et de télécommunications. Il est bien présent dans l'espace grâce aux 13 satellites du système Astra de télédiffusion en Europe et avec la SES Global qui a acquis en 2001 GE Americom et ses 16 satellites autour du globe.

Il se prépare à devenir le prochain Etat membre de l'ESA. Le GIE Luxinnovation a récemment organisé pour l'ESA et le Ministère luxembourgeois de la Culture, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche une journée nationale sur le thème 'Mieux connaître l'ESA'. Cette journée a permis à de nombreux entrepreneurs et chercheurs du Luxembourg de se familiariser aux avantages technologiques d'une participation aux programmes de l'ESA. C'est au Grand-Duché qu'est implantée la Société Européenne des Satellites (SES). Créée en mars 1985 pour la diffusion de chaînes TV sur l'Europe, cette entreprise luxembourgeoise constituait en 2001 la SES Global pour absorber l'opérateur américain GE Americom, devenu aujourd'hui la SES Americom.

La Ministre Erna Hennicot-Schoepges, à l'occasion de la journée sur l'ESA, a précisé la position du gouvernement grand-ducal: "Il est évident que le Luxembourg, pays hôte du plus grand opérateur de satellites du monde, ne pourra rester à l'écart de la stratégie spatiale européenne." Rappelant la participation du Luxembourg au programme ARTES (Advanced Research in Telecommunications Systems) de l’ESA, elle a annoncé: "J'estime le temps venu pour faire un pas supplémentaire. J'entends proposer sous peu au Conseil de Gouvernement de donner son feu vert pour une adhésion du Grand-Duché à l'ESA en tant qu'Etat membre à part entière".

Elle a indiqué qu'une telle adhésion permettra aux partenaires luxembourgeois de se positionner avantageusement sur un marché porteur en éclosion, comme elle assurera la promotion du Grand-Duché comme lieu d'implantation de projets innovateurs de technologie avancée. Le Conseil de Gouvernement grand-ducal devrait en juillet autoriser les négociations d'un accord qui fixe les conditions et modalités d'une adhésion. La signature de cet accord est prévue pour la fin de 2002. L'acte de ratification par le Luxembourg de la Convention de l'ESA doit passer par une loi dont le vote est attendu durant 2003.

Le gros et puissant Astra-1K

ASTRA 1K
ASTRA 1K

Le 3 juillet, en partenariat avec la SES Astra, filiale en Europe de la SES Global, le GIE Innovation met sur pied une journée "Innovation through Communication" de conférence et d'exposition sur les nouvelles technologies de l'information. L'ESA, aux côtés d'une vingtaine d'entreprises et centres de recherche du Luxembourg et des régions limitrophes, participe à la présentation de systèmes de communications à large bande, des infrastructures et technologies qui y sont associées. En août, la SES Astra prévoit d'avoir en orbite géostationnaire son 14ème satellite qu'elle a commandé à Alcatel Space: Astra-1K est le satellite civil le plus gros (5 250 kg) et l'un des plus complexes avec ses dix antennes pour la télédiffusion numérique et les applications multimédia dans les bande Ku (entre 10,7 et 11,7 GHz) et Ka (30 GHz)

Cet engin spatial d'une hauteur de 7,5 m qui utilise la nouvelle plate-forme Spacebus 4000 est le relais géostationnaire le plus performant réalisé à ce jour par l'industrie européenne. Une fois qu'il aura rejoint la constellation Astra à quelque 35.800 km au-dessus du Congo, le déploiement de longs panneaux 'en croix' de cellules solaires lui donnera une envergure de 34 m et une puissance de 13 kW. L'énorme et puissant satellite représente pour la SES Astra un investissement estimé à 250 millions d'euros. Son principal objectif est de mettre la transmission numérique à haut débit à la portée du plus grand nombre, d'après le standard DVB-RCS (Direct Video Broadcast-Return Channel System) mis au point avec le soutien de l'ESA. A lui seul, le nouvel Astra-1K pourra remplacer trois des sept satellites qui évoluent de façon concertée autour de la position géostationnaire de 19,2 degrés Est.

Une approche économique

Ground control
Ground control

L'importance qu'a prise le Grand Duché sur le marché de la télévision par satellites résulte d'une approche judicieuse de ce marché sous l'angle économique. Rien à voir avec une démonstration audacieuse sur le plan technologique. Le Luxembourgeois Romain Bausch qui dirige la SES Global comme un homme d'affaires se donne comme priorité la réponse adéquate aux besoins immédiats de la clientèle : "Le système Astra mise sur des techniques qui sont disponibles. Ainsi nous ne sommes pas actuellement intéressés par les communications inter-satellites, car la demande commerciale ne justifie pas l'emploi de cette technologie coûteuse". C'est cette attitude réservée, voire prudente devant l'innovation technologique qui vaut à la Société Européenne des Satellites d'afficher une grande fiabilité pour ses satellites, d'engranger les bénéfices avec leur exploitation depuis 1989, année de mise en service d'Astra-1A.

Pourtant, à bord du prochain Astra-1K, fourni par Alcatel Space, la SES Astra a accepté une nouveauté révolutionnaire: le propulseur électrique à plasma qui n'a pas encore volé sur un satellite européen, mais qui est adapté par SNECMA d'un moteur-fusée russe de l'OKB Fakel. Ainsi deux ensembles redondantes de propulseurs plasmiques SPT-100 (Stationary Plasma Thruster), dont l'alimentation électrique a été développée par Alcatel ETCA à Charleroi (Belgique), servent au contrôle sur orbite. Ils sont complétés par la solution classique d'un système unifié de propulsion chimique qui a fait ses preuves. En combinant ses propulseurs électriques et chimiques, le satellite Astra-1K est assuré d'avoir une durée de vie d'au moins 19 années!

La SES Astra entend tirer parti de l'expérience de sa consoeur américaine, la SES Americom, dans le domaine des télécommunications spatiales. "Notre vraie priorité est de réussir le déploiement de la large bande en Europe, tout en diversifiant nos produits", explique Ferdinand Kayser, le Président directeur général de Ses Astra. "Nous n'allons pas nous cantonner dans ce rôle de diffuseur de chaînes et de données, qui utilise 80 % de la capacité de nos satellites. Avec les 20 % qui restent, nous nous positionnons comme fournisseur européen de services numériques pour les télécommunications commerciales et gouvernementales."

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