Le secteur spatial européen et les futurs lanceurs vus par la jeune génération

Ariane 5 ECA V187 lifts off
Décollage d'Ariane-5 ECA V187
18 juin 2012

« Regards des jeunes sur l’espace et perspectives pour les lanceurs européens » – tel était le thème de la Conférence-débat tenue le 23 mai 2012 à la Représentation permanente du Land de Brême à Berlin et à laquelle étaient notamment conviés de jeunes professionnels et ingénieurs du secteur spatial.

À l’origine de cet événement : la Communauté des Villes Ariane (CVA), le réseau européen de villes, dont la Présidence est exercée cette année par la Ville Hanséatique Libre de Brême.

La famille des lanceurs européens Ariane, c’est l’histoire d’une réussite exceptionnelle, qui dure depuis plus de trente ans. Ces lanceurs comptent parmi les plus fiables au monde. Le dernier vol en date, réalisé le 17 mai 2012, constitue le 48ème succès d’affilée pour Ariane 5, qui a une nouvelle fois injecté sa charge utile en orbite sans rencontrer la moindre difficulté. Avec Soyouz et Vega, les deux autres lanceurs exploités au Centre spatial guyanais (CSG), ce cheval de bataille du transport spatial assure à l’Europe un accès autonome à l’espace.

Ariane : un facteur de croissance pour les économies locales

La clé de Brême

Ariane revêt une grande importance à l’échelle européenne, mais également pour les villes et régions urbaines impliquées dans son développement et sa fabrication. Le lanceur y est source de nombreux emplois hautement qualifiés et soutient la recherche technologique de pointe au sein des pôles d’enseignement supérieur et de recherche qui y sont implantés.

C’est pour que les politiques et citoyens en mesurent la portée que les villes et régions urbaines du transport spatial européen ont choisi de se constituer en réseau, en créant la Communauté des Villes Ariane (CVA) – voir l’article L’union fait la force : la Communauté des Villes Ariane.

Pour marquer la présidence CVA 2012, le nom et les armes de la Ville Hanséatique Libre de Brême figuraient sur le lanceur Ariane chargé en mars 2012 de mettre sur orbite le véhicule de transfert automatique ATV 3. C’est pour cette raison également qu’une Conférence-débat a été organisée le 23 mai 2012 à la Représentation permanente du Land de Brême à Berlin, dans le cadre du Conseil des Maires de la CVA.

Une jeune génération enthousiaste

De jeunes chercheurs présentent leur vision pour le futur

La Présidence de Brême a invité de jeunes professionnels du spatial – en tant qu’experts et décideurs de demain – à exposer lors de cette conférence leur vision des futurs projets spatiaux et des futurs lanceurs. C’est à eux en effet qu’il revient de poursuivre l’aventure spatiale européenne et de lui donner de nouvelles impulsions, après plus de 50 ans d’histoire.

Anna Schubert, jeune ingénieure d’EADS Astrium-Brême, a présenté la structure et le rôle de l’étage supérieur d’Ariane 5, produit sur le site brêmois, ainsi que les travaux de développement auxquels elle participe en vue de la mise au point d’un modèle plus puissant pour en assurer la relève.

Après avoir étudié la mécanique à Dresde, Virginie Hager, gagnée par l’enthousiasme de son père pour l’espace, a quant à elle rejoint les effectifs de l’ESTEC, le Centre Technique de l’ESA, à Noordwijk (Pays-Bas) pour s’occuper de l’intégration des expériences scientifiques à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Le jeune chercheur brêmois Joachim Strenge a procédé à l’étude d’une mission, dont l’objectif est de rapporter sur Terre des échantillons de roches de l’astéroïde Vesta dont la mission tire son nom ;

Wissam Ramo, membre du Conseil consultatif de la génération spatiale (SGAG) des Nations Unies et diplômé des universités de Leipzig, Brême et Toulouse, a présenté la mission GEMS pour Mars et Andreas Hornig, membre de la Plateforme Constellation et diplômé des universités de Brême et de Stuttgart, a parlé de l’exploration lunaire.

La préservation d’un accès garanti à l’espace

Virgine Hager, ESA-ESTEC, parlant de l'intégration des expériences scientifiques à bord de l'ISS

La concrétisation future des projets de conquête et d’utilisation de l’espace qu’imaginent ces jeunes chercheurs au profit de l’humanité requiert toutefois des efforts de persuasion constants vis-à-vis de la société. Car l’accès autonome à l’espace et les recherches qui y sont menées vont de pair avec le développement économique européen.

Cette idée ressortait très clairement de la table ronde organisée avec des représentants de l’ESA, du Centre aérospatial allemand (DLR) et de l’industrie. L’astronaute allemand de l’ESA Reinhold Ewald, qui exerce depuis plusieurs années les fonctions de responsable de la conduite des missions liées à l’ISS, a par exemple insisté sur la nécessité de disposer de systèmes de transport redondants pour desservir la Station spatiale. Maintenant que les navettes américaines sont à la retraite, la Russie est la seule à même d’y envoyer et d’en ramener des équipages. Si des problèmes venaient à affecter le système de transport russe, la poursuite de l’exploitation de l’ISS pourrait ainsi s’en trouver compromise.

La recherche spatiale, génératrice de nouvelle technologies

L'Astronaute Reinhold Ewald pendant la Conférence-débat

Les membres du Groupe parlementaire allemand pour l’aéronautique et l’espace (PGLR) présents à la Conférence-débat du 23 mai 2012, à savoir les députés du Bundestag Uwe Beckmeyer, Torsten Staffeldt (Brême) et Christian Ruck (Augsbourg), sont bien conscients de l’importance cruciale du secteur spatial européen. D’horizons politiques divers, ils poursuivent dans ce domaine les mêmes objectifs et peuvent citer à l’appui des exemples de transferts de technologie éloquents. Le député d’Augsbourg, Christian Ruck, a notamment évoqué la fibre de carbone, rappelant que cette innovation technologique, utilisée à Augsbourg pour la fabrication de pièces destinées aux lanceurs, a également trouvé des applications terrestres.

Chassis de voitures de course en fibre de carbone

L’événement organisé à Berlin a montré qu’il existait des jeunes passionnés par l’espace, prêts à s’engager pour le développement des activités spatiales tant au plan professionnel, que politique ou personnel. Faire en sorte que leurs idées prennent corps au bénéfice de l’ensemble des citoyens : telle est la tâche des politiques et de groupes d’intérêt comme la CVA.

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