Le spatial belge: priorité à l'ESA

Modèle Huygens, invité d'honneur au Sénat
5 décembre 2005

Le 25 novembre, le gouvernement fédéral belge, lors d'un Conseil des Ministres, a marqué son accord sur les priorités et les orientations programmatiques 2006-2010 en matière de politique spatiale, qui étaient proposées par le Ministre de la Politique scientifique Marc Verwilghen (également responsable de l'Economie, de l'Energie et du Commerce extérieur).

La Belgique dans l'espace disposera d'une enveloppe budgétaire de 181,6 millions d'euros en 2006 (soit quelque 18 euros par habitant). Elle confirme son rôle d'acteur influent au sein de l'ESA, comme "le plus grand des petits, le plus petit des grands" de ses Etats membres.

Le budget 2006 de 181,6 millions d'euros va se répartir comme suit:

  • 166,7 millions pour la contribution belge à l'ESA (activités obligatoires et programmes optionnels qui sont à décider à Berlin);
  • 13,3 millions d'euros pour les projets d'activités en dehors de l'ESA, essentiellement la coopération bilatérale avec la France autour des programmes COROT et Pleïades, ainsi que le programme national STEREO de R & D en télédétection spatiale;
  • 1,6 million d'euros pour le fonctionnement de l'équipe Recherches & Applications spatiales du Service fédéral de programmation de la Politique scientifique fédérale.
Le Ministre Marc Verwilghen et le Premier Ministre Guy Verhofstadt

Le gouvernement belge a décidé d'allouer 430 millions d'euros pour la période 2006-2010 afin de s'engager dans les nouveaux programmes de l'ESA et d'assurer la continuité de son engagement dans l'Europe dans l'espace. Le Ministre Verwilghen, lors d'une présentation au Groupe de Travail "Espace" du Sénat belge, a expliqué: "C'est le même montant que celui qui était prévu dans l'enveloppe qui fut présentée au Conseil ministériel d'Edimbourg en novembre 2001.

C'est un élément primordial pour ce qui est de la préservation, voire du renforcement de la position de la Belgique au sein de l'ESA, au moment même où les budgets affectés à l'espace sont mis sous pression au niveau européen. Le fait de prévoir une enveloppe constante pour l'espace permet d'appuyer avec force les intentions de la Belgique en la matière."

Par ailleurs, en vue du Conseil ministériel de l'ESA à Berlin, le Sénat a adopté une résolution, dans laquelle il est demandé à l'ESA de:

  • "veiller à défendre le principe économique du "juste retour" afin de garantir une répartition maximale des missions et d'éviter la formation d'un monopole";
  • "poursuivre et développer la coopération commerciale avec nos partenaires de pays émergents dans le secteur spatial, en particulier la Chine, l'Inde, le Japon et le Brésil, et promouvoir les transferts technologiques avec ces pays";
  • "prêter attention aux applications de sécurité et de défense dans l'espace et à l'implication active des Etats plus petits, comme la Belgique".
Paul Verhaert, le "père" de PROBA, mis à l'honneur

La Fête du Roi 2005, le 15 novembre dernier, a rappelé l'importance du spatial belge pour l'Europe. Organisée à l'initiative du sénateur François Roelants du Vivier, qui préside le Groupe de travail "Espace" du Sénat et - en 2006 - la Conférence Interparlementaire Européenne de l'Espace (8ème CIEE), elle fut l'occasion de mettre à l'honneur, en les élevant au rang de Commandeurs de l'Ordre de Léopold (nom du premier Roi des Belges), deux pionniers belges du monde spatial:

  • Paul Verhaert a spécialisé son entreprise Design & Development de Kruibeke (près d'Anvers) dans les systèmes spatiaux. Elle s'est illustrée dans l'intégration d'instruments et de micro-satellites, notamment avec la réussite de PROBA-1, le premier satellite "made in Belgium";
Claude Jamar, le Directeur du CSL, décoré
  • Claude Jamar, comme chercheur à l'Université de Liège, a contribué au développement de systèmes optiques pour les satellites européens; depuis 1991, il dirige l'infrastructure d'essais du Centre Spatial de Liège (CSL), dont les simulateurs sont mobilisés pour les essais des radiomètres de Meteosat Second Generation et des observatoires d'astrophysique Planck (satellite complet) et Herschel (télescope dans l'infrarouge).

Au cours de la Fête "Les Belges et l'espace", les autorités politiques belges ont tenu à réaffirmer la volonté de la Belgique de rester influente dans l'odyssée scientifique et technologique de l'espace. " Le principe du "juste retour" appliqué au sein de l'ESA a permis aux PME belges de participer aux grands programmes spatiaux. Ce principe vital pour l'industrie spatiale belge doit être maintenu. [...] La Belgique a fait le choix de ne pas avoir d'agence spatiale nationale et utilise les compétences techniques de l'ESA dans tous les domaines où elle souhaite s'investir: lanceurs, télécommunications, observation de la Terre, microgravité, technologie de pointe... Au niveau industriel, une quarantaine d'entreprises belges développe à des degrés divers des activités spatiales. [...] Notre pays est synonyme de qualité et d'expérience. Cela tient en grande partie à la politique de créneaux adoptée par la Belgique, ce qui a permis la création de "centres d'excellence" au cours de ces dernières années." (Herman De Croo, Président de la Chambre des Représentants).

"La technologie spatiale est omniprésente, que ce soit dans les télécommunications, dans l'observation terrestre ou encore en météorologie, dans la lutte contre les catastrophes ou dans les technologies liées à la sécurité ou à la défense. [...] Il est clair que le secteur de l'espace peut être un pôle d'attraction considérable susceptible d'amener les jeunes à renouer avec les formations scientifiques ou industrielles. Les diplômés possédant ce type de bagage ont d'ailleurs la certitude de trouver place dans la vie professionnelle. [...] La société a besoin de l'espace. Cette nécessité est suffisamment connue. Mais l'espace a tout autant besoin de l'appui de la société, et surtout, de ses membres les plus jeunes. Cette symbiose si cruciale mérite tous les encouragements possibles." (Anne-Marie Lizin, Présidente du Sénat)

"L'ESA constitue à vrai dire un modèle de coopération européenne. Elle démontre qu'en ciblant dans un seul pôle tous les investissements et compétences éparpillés, de grandes réalisations sont accessibles [...] En 1987, notre pays doubla son budget ESA. Ainsi la Belgique devenait, après l'Allemagne, la France et l'Italie, le principal investisseur de l'astronautique européenne. Je sais - de très bonne source - que le Ministre de la Politique scientifique de l'époque [en fait, il parle de lui] reste fier de cet investissement. Ce doublement budgétaire a en effet donné une fameuse impulsion à l'industrie belge. [...] Nos universités et nos établissements scientifiques jouissent d'une excellente réputation. C'est en raison de cette réputation répandue et des impressionnantes retombées économiques, que le Gouvernement a décidé dans le cadre du budget 2006 d'augmenter le budget pour les activités spatiales de presque 20 millions d'euros par rapport à l'année passée, soit une augmentation de 12 %." (Guy Verhofstadt, Premier Ministre).

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