Deux industriels suisses à l’affût de CryoSat-2

CryoSat
12 avril 2010

Deux industriels suisses ont contribué au développement de CryoSat-2, le satellite polaire de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), dont le lancement s’est déroulé avec succès le 8 avril dernier du cosmodrome de Baïkonour.

Parmi les 31 entreprises internationales – chapeautées par leur maître d’œuvre EADS Astrium – qui ont construit le satellite, la firme zurichoise RUAG Space (ex. Oerlikon Space) a mis au point la structure-sandwich en aluminium du corps principal de CryoSat-2. Ce « bati » est structuré de onze panneaux ainsi que d’appuis/supports en fibre de carbone, aluminium et titane. CryoSat-2 réutilise aussi le MGSE (Mechanic Ground Support Equipment), incluant un conteneur, qui avait été fabriqué pour le premier CryoSat. Cet équipement, construit par la société HTS (également rachetée par RUAG Space), est utilisé pour le transport et la manutention du satellite au sol ainsi que pour l’exécution de tests standards complets entrepris avant l’intégration du satellite sur le lanceur à Baïkonour (Kazakhstan).

Connaître la masse glacière et l’épaisseur des glaciers

Mais la contribution suisse à la mission n’est pas seulement industrielle. Des scientifiques helvétiques participent à l’exploitation des données en qualité de principal investigateur. Ces informations sont transmises du satellite en orbite polaire à 717 kilomètres d’altitude via son antenne principale (en bande-X) de 100 Mbps vers la station terrestre de Kiruna-Salmijarvi, dans le Nord de la Suède. L’engin, qui décrit de 11 à 14 orbites quotidiennes, peut mesurer les changements d’épaisseur de la glace sur une année avec une précision de l’ordre du centimètre. CryoSat-2 a pour mission de suivre pendant trois ans l’évolution de la masse glacière sur les calottes polaires et des banquises (polaires ou autres). Les mesures sont prises par l’instrument SIRAL (SAR Interféromètre Radar Altimeter) qui, comme son nom l’indique, scrute le sol au radar. « Associés au dépouillement des données, les scientifiques suisses sont intéressés au potentiel de cet instrument pour le monitoring des glaciers de montagne et des menaces qui leur sont liées », relève Jürg Schopfer, conseiller scientifique des programmes d’observation de la terre du Secrétariat d’Etat à l’éducation et à la recherche SER.

12 % de glace en moins sur dix ans

En dix ans les glaciers suisses ont perdu environ 12 % de leur volume d’après une étude de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH-EPFZ) portant sur 1’500 glaciers du pays. Par ailleurs, ces données fourniront aux autres scientifiques des chiffres concrets sur l’évolution des glaces du globe et permettront de mieux appréhender le rôle qu’elles jouent dans le changement climatique et les variations de niveau des océans. CryoSat-2 est le troisième satellite d’exploration de la Terre de l’ESA à être placé en orbite, après GOCE et SMOS (lancés respectivement en mars et novembre 2009). Il devait, à l’origine, être le premier de la série, mais le lancement de son exemplaire initial en octobre 2005 a échoué, entraînant sa perte.

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