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Gastronomie spatiale au Groenland
Les explorateurs français Olivier Pezeron et Arnaud Fauvet ont pu apprécier les avancées de la gastronomie spatiale lors de leur expédition de 20 jours à travers le Groenland cet été. Le menu, préparé par un chef français pour les astronautes de l’ESA, comportait des mets de premier choix comme de l’espadon, du canard aux câpres et du poulet à la Thaï.
En 2003, l’ESA avait fourni au pilote de rallye Henri Pescarolo plusieurs boîtes de rations alimentaires « spatiales » à tester durant le Rallye Dakar 2003. Au menu : pâtes, encornets, confit de canard aux câpres et gâteau de riz au caramel. « Délicieux » avait alors commenté Henri Pescarolo, dégustant son « dîner spatial » en plein désert du Sahara, à Siwa, en Egypte.
« Le défi, c’est d’avoir une variété de plats à la fois bons et nourrissants, capables d’assurer un soutien physiologique aux astronautes qui effectuent de longs séjours dans l’espace », relève Pierre Brisson.
Afin d’expliquer l’objectif de ces essais culinaires sur le terrain, il ajoute : « en faisant goûter ces plats dans des environnements hostiles, nous pouvons mettre à l’épreuve non seulement leur valeur culinaire, mais aussi leur facilité d’emploi. Cela nous aide à améliorer les produits pour nos astronautes ».
« Nous savons tous que quand les temps sont durs, un bon repas peut vous remonter le moral. Si notre cuisine spatiale peut passer l’examen sur la banquise du Groenland, il y a de fortes chances qu’elle puisse redonner du cœur à des astronautes travaillant bien loin de la Terre ».
Cette traversée de 600 km a été réalisée en hommage à l’explorateur polaire et ethnologue fran çais Paul-Emile Victor (1907-1995), qui a mené plus de 60 expéditions dans les régions arctiques antarctiques.
En 1936, Paul-Emile Victor, accompagné de Robert Gessain, Michel Ferez et Eigil Knuth, a réussi une traversée du Groenland de 800 km à peu près à la même latitude qu’Olivier Pezeron et Arnaud Fauvet, traversant comme eux d’ouest en est.
Interrogé après leur arrivée sur leur appréciation de la cuisine spatiale, Olivier Pezeron n’a pas tari d’éloges : « C’était excellent et cela nous a donné l’impression d’un repas mitonné à la maison. C’était vraiment bien d’avoir des petits plats bien meilleurs que les rations traditionnelles que nous emportons habituellement en expédition. J’ai particulièrement apprécié le gâteau de semoule et le canard aux câpres ».
Les menus spatiaux formaient un complément au régime très riche en calories qui permet de maintenir les forces et l’endurance lorque l’on traverse la calotte glaciaire du Groenland à skis, avec des étapes de 10 heures, souvent par grand vent et avec des températures qui ne montent jamais au-dessus de –5°C.
« Nous avons calculé un menu quotidien de 5 400 calories pour une distance de 30 km par jour. Toutefois, nous avons consommé beaucoup plus et, dans les derniers jours, nous ouvrions deux rations par jour », explique Arnaud Fauvet.
Le 11 juin, les deux explorateurs ont été atteints par le mauvais temps. Un vent à 110 km/h s’est levé contre eux et ils n’ont pu parcourir que 9 km après 10 heures d’efforts. Moins d’un kilomètre par heure. « Ce soir là, nous avons décidé de nous offrir un dîner spécial, un vrai repas spatial pour nous remonter le moral. C’était vraiment bon et cela nous a donné un moment de rires et de détente bien mérité », raconte Olivier Pezeron.
« Après cette expérience, nous sommes maintenant fin prêts pour être candidats à une mission vers la Station Spatiale Internationale ou même un vol vers Mars, aussi longtemps que la nourriture est aussi bonne que les repas préparés par les chefs du groupe Alain Ducasse », plaisantent en chœur les deux explorateurs.
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