Prête pour un hiver en Antarctique

Flyover
19 novembre 2012

Chaque année, l’ESA sponsorise un médecin-chercheur qui ne craint pas de braver les conditions de froid, d’obscurité et d’isolement de la vie en Antarctique. Le but est d’étudier les effets d’un isolement dans des conditions difficiles, et ce, dans le cadre de préparatifs pour les missions de longue durée dans l’espace. Les membres du prochain équipage ont déjà été sélectionnés et ils se préparent à partir pour leur long séjour au Pôle Sud.

C’est dans Concordia, l’une des stations qui sont habitées en permanence en Antarctique, que va se dérouler ce séjour. Elle est située près du Pôle Sud et le voisin le plus proche est l’habitat-laboratoire russe Vostok qui est éloigné de quelque 600 km.

Maintenir la base en activité durant les mois d’hiver polaire nécessite la présence d’au moins sept personnes : un chef d’équipe, un médecin, un responsable mécanicien, un gestionnaire technique, un plombier, un électricien et un expert en télécommunications.

Cette année, huit chercheurs sont de la partie, en se joignant à l’équipage de maintenance. On a un chercheur en chimie, deux astronomes, un astrophysicien et un spécialiste des glaces.

Nuit totale et permanente

Royal Military Academy Belgium
Nathalie Pattyn

L’ESA a sélectionné, pour lui apporter son sponsor, Nathalie Pattyn pour qu’elle effectue des recherches sur la façon dont elle et l’équipage vont s’adapter aux conditions de vie dans Concordia ? C’est d’autant plus intéressant que l’environnement dans l’habitacle est semblable à une vie à bord d’un vaisseau spatial.

Comme Concordia se situe à 3200 m au-dessus du niveau de la mer, il faut tenir compte du fait que l’équipage doit, à cette altitude, s’adapter à une situation permanente de manque d’oxygène. Par ailleurs, au cours du séjour d’au moins six mois, il faudra s’habituer à quatre mois sans lumière solaire - nuit totale et permanente -, ce qui a une influence sur les habitudes de sommeil ainsi que sur l’humeur des membres d’équipage.

Personne ne peut arriver ou quitter

Map of Antarctica showing Dome-C and Concordia Station.
Antarctica

En outre, personne ne peut arriver à la base ni la quitter durant la saison hivernale. Ce qui signifie une vie en isolement total, où chacun dans l’équipe dépend de l’autre pour la vie quotidienne et pour les situations d’urgence. Juste comme un équipage durant une mission dans l’espace.

Comme spécialiste médicale dans l’Armée belge, qui effectue une recherche sur les performances humaines dans des situations de stress, Nathalie Pattyn convenait particulièrement bien pour participer à une activité dans Concordia.

Son activité de chercheuse, au cours de cette année en Antarctique, présentera des aspects variés: rassembler des questionnaires psychologiques, prendre des échantillons de microbes, réaliser des vidéos sur la vie de tous les jours, prélever du sang pour une analyse hormonale et enregistrer des mesures sur la pression intra-cranienne des volontaires.

Les videos quotidiennes serviront à évaluer l’humeur de l’équipage sans passer directement par eux. En regardant la structure de leurs remarques et en analysant la manière dont ils s’expriment, il devient possible de comprendre comment ils se sentent au cours de la mission.

Appréhender un problème courant

Walking outside at Concordia

Et Nathalie de préciser: “Cette recherche est fort prometteuse parce qu’elle permet d’appréhender un problème courant en psychologie. A savoir la compréhension dont des gens ressentent à votre égard dans ce qu’ils ont besoin de vouloir vous exprimer. De la sorte, nous allons simplement utiliser des propriétés objectives de la parole pour la surveillance de l’humeur.”

Vivre avec moins d’oxygène

Concordia's astronomy experiments under Milky way.

Non seulement, les résultats obtenus lors de cette recherche vont améliorer la manière dont l’ESA prépare ses astronautes pour le vol spatial. Ils auront également des retombées pour les gens sur la Terre. Par exemple, une étude va se pencher sur la cause dont les habitants de Concordia ont tendance à souffrir de l’apnée du sommeil central, un trouble qui fait que le corps s’arrête de respirer pendant 30 secondes d’affilée.

C’est bien connu que vivre avec moins d’oxygène accroît la probabilité de souffrir de ce trouble lors du sommeil. Dès lors, pour étudier ce phénomène, Concordia présente un environnement idéal. Les résultats de cette étude vont contribuer à aider les personnes qui en souffrent partout ailleurs sur notre planète.

Sur le blog Concordia, nous vous invitons à suivre l’équipe et ses expériences au cours des mois à venir.

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