Artemis fête ses 10 ans de vie orbitale

Artemis
13 juillet 2011

Le 12 juillet, le satellite Artemis de l’ESA, à l’avant-garde des systèmes de télécommunications, est dans l’espace depuis une décennie et toujours en activité.

Ce qui représente l’Advanced Relay and Technology Mission constituait une grande percée pour les satellites de télécommunications en Europe, grâce à ses nouvelles technologies, telles que les liaisons laser et la propulsion ionique, pour des démonstrations sur orbite.

Mais Artemis fut malchanceux à ses débuts dans l’espace. Lors de son lancement depuis le Centre Spatial Guyanais le 12 juillet 2001, on a bien cru que la mission se termine avant même qu’elle n’ait commencé. L’étage supérieur d’Ariane 5 le mit sur une orbite de transfert plus basse que prévu. Un satellite classique n’aurait pu remplir sa mission et on aurait dû l’abandonner.

Artemis testing
Artemis au cours de ses essais au sol

Mais en combinant judicieusement les technologies avancées du satellite et des procédures originales de sauvetage définies par l’équipe de contrôle, Artemis a pu, lentement mais sûrement, au bout de 18 mois de délicates manœuvres, se hisser sur la position envisagée pour sa mise en œuvre.

A l’époque, on avait parlé de “mission impossible”. Malgré un équipement de bord qui était endommagé, le satellite de l’ESA a été en mesure de démontrer de nouveaux systèmes à la pointe de la technologie et il continue à remplir sa mission aujourd’hui.

Artemis ion thruster
Le propulseur ionique d’Artemis

Artemis a accumulé un certain nombre de premières spatiales pendant et après son sauvetage. Il a servi à établir une liaison optique à haut débit, par laser, avec des satellites sur des orbites différentes. Il fut le premier satellite de télécommunications à être reprogrammé de manière extrême sur orbite. Il fut le premier à recourir à la propulsion ionique pour atteindre l’anneau géostationnaire, à quelque 36 000 km d’altitude, après avoir survécu au plus long cheminement effectué à ce jour pour gagner sa destination géostationnaire.

Northern Russia, 13 March 2003
Image Envisat reçue via Artemis

Son relais laser a permis de fournir aux clients, presque en temps réel et à un débit élevé, les images de la Terre prises par le satellite Envisat de l’ESA qui évoluait sur orbite 35 000 km en dessous d’Artemis. Ce même service a été testé avec le satellite français de télédétection SPOT-4, en même temps qu’une liaison avec un équipement expérimental, cette fois, dans les fréquences radio.

Artemis and SPOT 4 communicating via the SILEX system
Liaison optique entre Artemis et SPOT-4

Artemis a par ailleurs relayé les communications entre les contrôleurs au sol de l’ESA et les vaisseaux européens de ravitaillement ATV (Automated Transfer Vehicle) lorsqu’ils volent vers l’International Space Station.

En 2008, lors de la mission ATV-1, Artemis a pu être activé en urgence, après un court préavis, quand la NASA a dû mettre à l’arrêt son système de relais des données, quand l’ouragan Ike a frappé le Texas.

L’équipe des contrôleurs ATV à Toulouse, en France, et celle d’Artemis à Redu, en Belgique, mises en alerte, sont entrées immédiatement en action. En ayant eu à peine quelques heures pour se coordonner, ils ont réussi à maintenir le contact avec le vaisseau durant la nuit du 11 septembre 2008.

La mission Artemis est contrôlée via les installations de Telespazio à Fucino (Italie), tandis que le centre ESA de Redu est responsable du Mission Control Facility pour planifier les services aux utilisateurs et pour assurer la maintenance des charges utiles.

ESA's Redu station houses the Artemis control centre
La station ESA de Redu en Belgique

« Artemis, avec une grande disponibilité, a fourni un service remarquable durant toute sa vie opérationnelle, et ce, à la grande satisfaction des utilisateurs finaux », note avec beaucoup de fierté Daniele Galardini, Chef du Centre ESA de Redu, en charge de la mission Artemis.

Et d’ajouter : «Il faut mettre les résultats d’Artemis à l’actif des compétences et du professionnalisme des équipes à Fucino et à Redu».

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