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Les équipes de contrôle de missions s'adaptent au contexte du Coronavirus

21/03/2020 351 views 9 likes
ESA / Space in Member States / France

Les équipes de contrôle de missions de l'ESA sont en charge des satellites en orbite autour de la Terre et du Soleil, ainsi que des sondes qui explorent le Système Solaire. A ce titre, elles font face quotidiennement à de nombreux défis techniques, qu'il s'agisse de matériel défectueux ou des dangers posés par les débris spatiaux, en passant par les virus informatiques qui peuvent affecter les stations sol.

Comment font-elles dès lors pour maintenir les missions pleinement opérationnelles lorsqu'une pandémie virale met en danger le personnel de l'Agence ?

L'ESOC, avant le compte à rebours du lancement de BepiColombo
L'ESOC, avant le compte à rebours du lancement de BepiColombo

La première des priorités est la santé et le bien-être du personnel à travers toute l'Agence. Mais les agents de l'ESA actifs au Centre de contrôle de missions de l'ESA à Darmstadt (Allemagne) doivent relever un défi unique : maintenir les missions en orbite, tout en garantissant le fonctionnement normal des infrastructures au sol, dont sept stations sol situées sur trois continents.

Un plan d'action mis en place

L'ESA opère actuellement 21 missions depuis l'ESOC, qu'il s'agisse de missions d'observation de la Terre, d'astronomie ou d'exploration planétaire, ou des cinq satellites Sentinel appartenant au programme Copernicus de l'Union Européenne.

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Distribution des débris spatiaux autour de la Terre
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Ces missions ne volent pas toutes seules. Les ingénieurs doivent régulièrement intervenir, par exemple pour empêcher les satellites de dériver progressivement de leur orbite désignée, pour éviter une collision avec des débris, pour garantir que les panneaux solaires captent suffisamment de lumière du Soleil, pour opérer les instruments scientifiques, pour recevoir des paquets de données particulièrement importantes, et plus généralement, pour maintenir à jour et en ordre de marche tant les systèmes embarqués que ceux se trouvant au sol.

Face à l'épidémie de Covid-19, l'ESA met en œuvre de nombreuses mesures préventives en tenant compte des directives fournies par les autorités civiles nationales et régionales, particulièrement en ce qui concerne la réduction des contacts interpersonnels.

La salle de contrôle des satellites Sentinel
La salle de contrôle des satellites Sentinel

En ce qui concerne les équipes en charge d'opérer les diverses missions, ou pour les experts dans des domaines techniques liés au segment sol, tels la dynamique de vol et les stations sol, le travail est habituellement effectué dans des salles de contrôle de taille réduite. Toute une série de plans ont été élaborés pour répondre à la gravité croissante de l'épidémie de Covid-19.

Les réponses à apporter diffèrent surtout quant au nombre et aux qualifications des membres du personnel dont la présence est requise dans les salles de contrôle et les installations techniques.

Des missions spatiales opérées en télétravail

Pour le moment, l'objectif pour le Centre de contrôle de missions est d'assurer la continuité des flux de données des diverses missions, ainsi que de veiller à maintenir la flotte de satellites, quel que soit l'âge de ces derniers, dans la routine opérationnelle habituelle. En parallèle, il faut également assurer la préparation et l'exécution des activités critiques ad-hoc, comme les manœuvres d'évitement des collisions ou le prochain passage près de la Terre de BepiColombo.

Le survol de la Terre de BepiColombo
Le survol de la Terre de BepiColombo

A partir du lundi 16 mars, la majorité des membres du personnel de l'ESOC ont commencé à travailler de leur domicile. Le niveau des effectifs présents est proche de celui rencontré lors d'un weekend ordinaire. Les équipes maintiennent une présence minimale sur le site tandis que tous ceux qui le peuvent effectuent un maximum d'activités hors du site.

« Dans l'histoire du Centre de contrôle de missions de l'ESA, c'est la première fois qu'il y a aussi peu de personnes présentes physiquement sur site. Cela a bien évidemment un impact sur la conduite des missions. Pour les semaines à venir, la priorité demeurera la protection de la santé par la réduction du nombre de personnes présentes physiquement, tout en garantissant au quotidien des opérations efficaces, » explique Rolf Densing, directeur des opérations au sein de l'ESA.

Les orbites d'Integral (2002-2017)
Les orbites d'Integral (2002-2017)

Si cela devait s'avérer nécessaire à l'avenir, l'ESA pourrait encore réduire davantage le nombre de techniciens présents sur site. Cela se traduirait par une diminution – voire la suspension – de la collecte des données scientifiques afin de se concentrer uniquement sur le maintien des satellites sur des orbites sûres et stables.

« Un tel scénario pourrait être maintenu pendant un laps de temps assez long, pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois si nécessaire» confirme Paolo Ferri, directeur des opérations spatiales.

Pour rester informé(e) dans les prochains jours de l'adaptation du contrôle des missions suite à l'épidémie de Covid-19, vous pouvez suivre le blog Rocket Science de l'ESA : http://blogs.esa.int/rocketscience.

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