EchoFinder, l'échographie autonome
Les soins de santé dans l'espace évoluent. À bord de la Station spatiale internationale, les astronautes utilisent déjà des ultrasons pour surveiller leur état de santé, mais jusqu'à présent, ils dépendaient des conseils en temps réel d'experts basés sur Terre. Cela fonctionne bien en orbite basse, mais ne sera pas possible pour les futures missions vers la Lune ou Mars, où les délais de communication rendent impossible le guidage à distance.
Sur la photo, l'astronaute de l'ESA Sophie Adenot s'entraîne sur EchoFinder, une expérience menée par l'agence spatiale française CNES et soutenue par l'ESA. Sophie s'est entraînée au Centre européen des astronautes de l'ESA à Cologne, en Allemagne, aux côtés de ses coéquipiers de Crew-12, les astronautes de la NASA Jessica Meir (à droite) et Jack Hathaway (à gauche).
Le système utilise la réalité augmentée (RA) et l'intelligence artificielle (IA) pour réaliser des échographies sans assistance au sol, une étape clé vers l'autonomie des soins de santé dans l'espace.
L'échographie est l'un des outils médicaux les plus polyvalents : non invasive, légère et sans rayonnement, elle est idéale pour l'espace. Mais son utilisation nécessite une certaine expertise.
L'astronaute de l'ESA Thomas Pesquet a été le premier à utiliser le système ECHO en suivant les instructions pour positionner la sonde pendant la mission Proxima. Cette avancée majeure dans l'imagerie médicale à distance a permis aux chercheurs d'utiliser l'appareil à ultrasons et de recevoir des images de haute qualité en temps réel. Depuis sa mise en service en 2017, ECHO a soutenu des études telles que Vascular Echo/Vascular Ageing, Myotones et CIPHER, élargissant ainsi notre compréhension des effets des vols spatiaux sur le corps humain.
EchoFinder franchit une nouvelle étape. Avant le vol, un échographiste expert effectue une collecte de données de référence sur chaque astronaute, en enregistrant la position et l'orientation exactes de la sonde échographique pour certains organes. Ces points de référence sont stockés et téléchargés vers la Station spatiale.
La configuration est simple : le sujet est allongé sur le dos avec un marqueur thoracique, tandis que l'opérateur utilise l'interface AR pour guider la sonde.
En orbite, l'astronaute utilise une tablette équipée du logiciel EchoFinder, avec une caméra et des marqueurs QR fixés à la sonde et à la poitrine. Le logiciel affiche des formes virtuelles à l'écran : des sphères bleues pour la position actuelle de la sonde et des cubes orange pour la position cible. L'opérateur déplace la sonde jusqu'à ce que les formes se superposent et deviennent vertes, signalant ainsi le placement correct. L'IA prend alors le relais, détectant les organes et enregistrant automatiquement l'image échographique.
L'équipage Crew-12 sera le premier à tester EchoFinder à bord du module Columbus de l'ESA sur la Station spatiale. L'astronaute de l'ESA Sophie Adenot utilisera le système pendant sa mission εpsilon, à la fois en tant que sujet et opératrice.
EchoFinder ouvre la voie à l'échographie autonome grâce à une formation minimale et à un matériel peu sophistiqué pour les missions spatiales. Au-delà de l'espace, cette technologie pourrait également profiter aux régions reculées de la Terre, en réduisant le besoin d'une expertise spécialisée pour réaliser des échographies.